Les élus socialistes et divers gauche de la Ville de Reims sont très étonnés des réactions de certaines personnalités de la droite rémoise, dont celle du député Arnaud ROBINET, concernant la taxe locale de publicité extérieure.
Il est très surprenant qu’ils critiquent aujourd’hui, après un article de l’Union, une décision, la délibération CM-09-324, que leurs représentants ont voté. En effet, le remplacement de la taxe sur les affiches publicitaires par la taxe locale de publicité extérieure et les tarifs applicables a été voté à l’unanimité, donc par la majorité municipale comme par l’opposition. De plus, cette délibération n’est que la traduction d’une obligation légale, décidée par le gouvernement, de transformer automatiquement la taxe sur les affiches publicitaires en taxe locale de publicité extérieure.
Il est à noter que la délibération votée par le Conseil Municipal vise à taxer moins les petites enseignes, dont les tarifs ont baissé, et plus les grosses. Cette décision tend à éviter la multiplication d’enseignes trop importantes, qui constitue une réelle pollution visuelle.
Cet épisode témoigne soit d’une réelle absence d’échange et de discussion entre les représentants rémois de la majorité présidentielle soit d’une volonté de se livrer encore une fois à de la basse polémique politicienne.
Les élus socialistes de la Ville de Reims sont particulièrement inquiets du projet de réforme territoriale présenté par Nicolas SARKOZY, à Saint-Dizier.
· Un projet qui aggravera la fiscalité des ménages et la situation financière des collectivités territoriales :
- Aggravation de la fiscalité des ménages :
Aujourd’hui, les impôts locaux pèsent à 49% sur les ménages et 51% sur les entreprises. Avec la suppression de la taxe professionnelle, les ménages vont fortement compenser ce cadeau aux entreprises. Ainsi, ils porteront 73% de la fiscalité locale contre 27% seulement pour les entreprises. Une telle disproportion dans l’effort à l’impôt est inacceptable pour les élus socialistes de la Ville de Reims.
- Aggravation des difficultés financières des collectivités territoriales :
Depuis plusieurs années, l’Etat n’assume plus ses responsabilités vis-à-vis des collectivités territoriales en imposant des transferts de charges mal compensés et en diminuant ses dotations. En supprimant la taxe professionnelle, l’Etat porte un coup important aux recettes de nombreuses collectivités. Pour Reims Métropole, cette décision représente un risque sur 80 millions d’€ de recette, dont les compensations prévues semblent floues et peu assurées pour l’avenir. Ce projet fait courir ainsi une vraie menace sur les finances des collectivités locales, qui sont plus de 10 fois moins endettées que l’Etat, ce qui témoigne de leur bien meilleure gestion.
Un tel projet est aussi un grave danger pour l’économie de nos territoires, car les collectivités locales assurent plus de 75% de l’investissement public en France, donc autant réinjecté dans l’économie.
· La gauche a créée la décentralisation, la droite recentralise
Les socialistes ont lancé en 1982 le processus de décentralisation. Le projet de réforme territoriale constitue dans ce domaine aussi un retour en arrière sans précédent. En effet, on peut remarquer par exemple, que les regroupements de communes avec ce projet ne seront plus l’affaire des citoyens et des élus locaux concernés mais du gouvernement ou du préfet, ce qui est inacceptable.
· Une manipulation dont la seule visée est électoraliste :
Pour remplacer les conseillers généraux et les conseillers régionaux, Nicolas SARKOZY a décidé de créer les conseillers territoriaux, qui siègeront au sein des deux assemblées. Leur mode d’élection, soit uninominal à un tour soit par liste dans les métropoles de plus de 450 000 habitants, s’apparente à un tripatouillage scandaleux visant à privilégier l’UMP. Ce projet, mis en écho avec le redécoupage électoral, témoigne de l’état d’esprit du Président de la République et de son clan décidés à casser tout contre-pouvoir et privilégier son camp sur l’autel des valeurs républicaines fondamentales.
M. Arnaud ROBINET s’est ému sur son blog des changements tarifaires des restaurants scolaires rémois pour la rentrée. On peut constater que cet article comporte de nombreuses approximations et offre une vision très personnelle de la justice sociale et de la solidarité.
Il estime par exemple que « le prix des repas sera (donc) augmenté pour les personnes aux revenus modestes. ». C’est totalement faux ! De telles affirmations sont la démonstration que l’élu ne maitrise pas tous les éléments de ce dossier.
Pour rétablir la vérité, il convient de rappeler que cette mesure tend à établir plus de justice sociale dans les tarifs des cantines rémoises. Ainsi, il a été décidé de baisser les tarifs des personnes les plus modestes et d’augmenter légèrement ceux des mieux lotis. Ainsi, à la rentrée, 3188 enfants issus de familles aux revenus modestes pourront bénéficier d’un repas moins cher pour leurs parents, contre 2040 qui connaitront une hausse tarifaire, qui au maximum sera de +0,95€ par repas.
A la lecture du billet de Mr ROBINET, nous ne pouvons que nous interroger sur sa définition de la solidarité. En effet, le député de la Marne critique le fait que ceux qui ont des revenus supérieurs payent plus que ceux qui en ont de plus faibles. Pour lui, mettre en place une telle politique tarifaire est « purement idéologique ». Ainsi, permettre aux enfants issus de familles modestes de bénéficier pour un prix très raisonnable d’un repas équilibré et de qualité est une mesure empreinte d’idéologie ? Une telle critique n’est pas raisonnable quand on sait l’importance de la nutrition pour le développement de l’enfant.
La solidarité, c’est donner plus à ceux qui ont moins. Et non le contraire, comme l’a fait le gouvernement, que soutient M. ROBINET, avec le bouclier fiscal. Car permettre à 834 contribuables disposant d’un patrimoine supérieur à 15 millions d’euros, chacun, de percevoir un chèque de l’État de 368 000 euros, n’est en aucun cas un geste de solidarité, mais plutôt d’injustice sociale pour les nombreuses familles qui ont les plus grandes difficultés à finir les mois.
Eric QUENARD
Président du Groupe PS-DVG de la Ville de Reims
Premier adjoint au Maire de la Ville de Reims